
| Le Sine Saloum, situé entre Dakar et la Gambie, rassemble
des paysages où terre, ciel et mer se marient. |
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Nous arrivons à Dakar vers 3h du matin, où nous
sommes accueillis par Doudou et un chauffeur. Le trajet vers la
ferme équestre se fait entre somnolence et enchantement devant
le paysage qui se laisse deviner malgré la nuit.
L'arrivée se fait à 6h. Après un premier contact
rapide avec les chevaux, on nous présente nos cases respectives.
Une bonne nouvelle : nous pouvons dormir, le départ de la
randonnée devant se faire vers 15h.Nous sommes réveillés quelques heures plus tard
par le bruit du vent dans les feuilles de palmier qui forment la
toiture de la case. Ce bruit ressemble étrangement à
de la pluie. Inquiétude puis rapide soulagement : le temps
est magnifique et la seule eau qui coule est celle utilisée
par les palefreniers pour doucher les chevaux.
C'est l'occasion de faire connaissance avec eux. Les juments, c'est
à dire Saida, Yassine, Anta, Fifille et Princesse sont attachées
d'un côté. Les étalons, dont Flop et Versailles, sont
isolés. Un âne va de l'un à l'autre et prend un malin
plaisir à les embêter.
Après un petit déjeuner copieux pris
sous le kiosque, la matinée se passe à faire connaissance
avec les différents membres du groupe et avec Doudou et son
équipe. Nous profitons également de la propriété
pour commencer à découvrir la flore du Sénégal
et ses magnifiques oiseaux colorés.L'heure du repas arrive rapidement. Daba, la cuisinière,
nous sert un très bon déjeuner. La nourriture tout
au long du séjour sera excellente, y compris les midis où
nous mangerons toujours des plats préparés.
Après une sieste rapide, nous procédons à la
répartition des chevaux (des petits barbes appelés
communément mbayar) et c'est le départ.
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Ils sont manifestement contents de sortir et on sent qu'ils ont hâte de se dégourdir les jambes. Très vite, nous rejoignons une grande étendue de sable et c'est le premier galop. Les chevaux partent à bride abattue. Ils se révèlent tout à la fois rapides, confortables et très sûrs. Après une courte halte le temps de récupérer un peu et de ramasser divers objets perdus, nous remettons ça.A ce rythme, nous ne tardons pas à arriver près de la fameuse termitière où nous nous attardons le temps de prendre quelques photos. Nous aurons l'occasion de voir de nombreuses termitières spectaculaires au cours de notre voyage, dont certaines au coeur même des arbres.
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Au même moment, un petit drame s'est joué : Saida, la jument
de Doudou, s'est blessée pendant le dernier galop et boîte
fortement. Après l'avoir longuement massée, Doudou
décide de poursuivre à pieds. C'est donc au pas que
nous continuons la promenade, en surveillant avec anxiété
les progrès de la jument.
Chaque halte est l'occasion de la masser et chaque point d'eau est
mis à profit pour la doucher. Petit à petit, son état
s'améliore.
Pendant ce temps, nous avons rencontré des paysages
variés allant d'une forêt aux étendues de sable, en passant
par la savane.
Nous passons dans un village puis nous arrivons au bord d'un bras de mer
qu'il nous faut franchir. Saida boîte moins, Doudou peut remonter, mais
en restant prudemment au pas.
Après avoir traversé un dernier village, annoncés
par un tambour et suivis par une foule d'enfants nous criant "Toubabs,
cadeaux !", nous touchons au but de cette première journée
: un village de cases de style Peuhl pour toubabs (touristes) sis au bord
de l'eau. Les cases sont confortables, en feuilles de palmiers tressées,
avec un sol en dur (à base de coquillages), et sont éclairées
par une lampe à pétrole.
Le temps de se prendre une douche pleinement appréciée et nous pouvons passer au dîner, que nous prenons dehors, au bord de l'eau et sous les étoiles. Au menu : crevettes et beignets de poissons. Succulent.
Les éclats de voix indélicats de toubabs motorisés nous servent de réveil. Ce sera notre dernier contact avec la vie occidentale jusqu'à la fin de notre voyage.Nous prenons le temps de rendre une petite visite aux chevaux et d'admirer la vue. Dans le bras de mer, un homme baigne son cheval, un magnifique étalon.
Le temps d'un petit-déjeuner, à l'occasion duquel nous dégustons du jus de bissap, et nous repartons. Saida semble complètement rétablie et les chevaux expriment leur envie de galoper. Il nous faut les retenir, le terrain ne s'y prête pas. Après une rangée d'arbres, un chemin se découvre. Nous nous engageons dessus et partons pour notre premier galop de la journée. Calme dans un premier temps, puis Saida ne manifestant aucune gêne, nous laissons les chevaux s'exprimer pleinement. Cavaliers et chevaux s'en donnent à coeur joie.
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La matinée s'écoule ainsi entre galops rapides et temps de pas plus tranquilles, dans des paysages alternant entre savane, tanns et zones boisées.Alors que nous passons dans un village, quelqu'un informe Doudou qu'un cheval est à vendre un peu plus loin. Nous faisons donc un petit crochet afin de l'examiner. Ses propriétaires nous présentent un magnifique étalon alezan, d'une belle taille pour un Barbe. Mais une grosseur suspecte sur l'un de ses antérieurs amène Doudou à renoncer à cet achat.
Plus loin, une nouvelle halte permet d'abreuver les chevaux avec l'eau tirée à un puits, au milieu d'un troupeau de vaches. Hommes et bêtes désaltérés, nous repartons. L'occasion de découvrir de nouveaux paysages et de traverser une forêt de mimosas.L'heure de déjeuner arrive. Nous nous arrêtons à proximité d'un baobab et attachons les chevaux aux rares buissons disponibles. Deux carrioles tirées par deux chevaux que nous connaissons, dont Versailles, ne tardent pas à arriver. Elles transportent le repas, le fourrage pour les animaux et nos bagages.
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C'est donc installés sur une natte, à l'ombre du baobab, que nous mangeons le tiep-bou-diene (riz au poisson) puis que nous pouvons faire une sieste réparatrice en attendant la fin des heures les plus chaudes de la journée. Nous en profitons pour goûter le pain de singe, fruit du baobab et immodium local, et déguster le thé à la menthe qui nous est offert.
Tout au long de la randonnée, nous aurons ainsi (au moins) trois verres de thé avant le départ, parfois parfumé à la pastille " pulmoll ".
Nous prenons notre petit déjeuner en écoutant les soeurs chanter.C'est le début d'une des journées les plus mémorables de cette randonnée. Après avoir traversé un petit bois d'acacias, nos pas nous amènent dans la savane à proximité d'un village de nomades.
Nos profitons de l'espace dégagé pour nous lancer dans un petit trot qui nous amène rapidement vers des sentiers de terre. Il est temps de passer au galop, et nous entendons bien en profiter largement.A ce rythme, nous ne tardons pas à arriver à notre première escale de la journée : un petit village où vivent des familles Peuhls et Sérères.
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Ses habitants nous le font visiter puis invitent les femmes de notre groupe à piller le mil.Les femmes sénégalaises nous font ensuite une démonstration de danse africaine, formant avec leur postérieur un impressionnant "ventilateur", et convient Cindy et Sylvie à faire de même !Tout cela se passe dans une ambiance très détendue, dans de grands éclats de rires. Il y a une grande complicité et il est clair que tout le monde profite pleinement de ce moment privilégié.
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Il est temps de repartir, non sans avoir goûté au couscous au lait caillé, que chacun apprécie diversement, et observé la récolte de quelques racines comestibles.
Quelques galops plus loin, nous atteignons notre point de rendez-vous du déjeuner. Nouveau repas exquis, nouvelle sieste, entrecoupée de démonstrations des talents de jongleuse de Cindy et de verres de thé à la menthe.Il est l'heure de se remettre en selle. La savane laisse la place aux tanns, sur lesquels nous nous lançons au galop. Nous ne tardons pas à arriver près d'un gigantesque séchoir à poissons. Doudou nous explique que c'est de là que partent les exportations de poissons vers les autres pays africains. La vue et l'odeur sont spectaculaires !Nous poursuivons. Le tann laisse la place aux bolongs. Nous sommes à la saison sèche et il y a peu d'eau. Nous devons faire attention aux nombreux trous mais nous ne pouvons nous empêcher d'observer les innombrables crabes qui vivent dans cet écosystème.
Nous abandonnons les chevaux le temps d'une visite qui nous emmènera au cimetière de coquillages, puis à l'île elle même. Le temps de prendre un rafraîchissement - qui nous amène à rencontrer un Sérère un peu extravagant (zoum-zoum aidant), germanophile et très accueillant - et de faire quelques achats et nous repartons.L'approche des tanns nous donne l'occasion de nous lancer dans de derniers grands galops pour la journée. Puis ils laissent la place à la savane. Nous approchons de notre but : le campement de Ndiak.
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L'accueil est des plus chaleureux. Après une douche sommaire (une bassine et un récipient) mais des plus agréables et appréciable après cette longue et chaude journée, il est temps de passer au dîner. C'est dehors, sous un ciel particulièrement dégagé et étoilé, mais dans le noir complet pour cause d'attaque d'insectes, que nous apprécions les crudités et l'inévitable poisson.
Le reste de la soirée va se passer autour du feu de camp, à boire du thé à la menthe ou du zoum-zoum, et à écouter Ndiak raconter les légendes et les coutumes de son pays.
Au fur et à mesure que la nuit s'avance, nous réintégrons nos cases pour dormir. Cette nuit sera pourtant un peu agitée : Fifille parvient à se libérer et va s'amuser aux dépends de Flop, l'étalon qui n'en peut mais. Une intervention de Doudou et Idi met fin à cette escapade et la nuit se passe sans autre incident, ponctuée seulement des braiments d'un âne particulièrement en voix.L'après-midi nous emmènera sur des chemins de terre sur lesquels nous pourront largement galoper, puis à un rythme plus tranquille au milieu de la savane. Petit à petit, nous approchons de la mer et l'atmosphère se fait moins brûlante. Nous débouchons sur une grande plage qui nous donne l'occasion de nous lancer dans nos derniers galops de la journée, avant d'arriver au couvent où nous faisons escale pour la nuit.Les soeurs nous font bon accueil et nous indiquent nos chambres respectives. Elles sont confortables et disposent de l'électricité. Une douche et un repas plus tard, nous rendons visite aux chevaux, qui se reposent de leur journée de labeur. Pour nous, c'est maintenant l'heure de nous retirer dans nos chambres.Cette première journée touche à sa fin. Il est temps de prendre un repos réparateur, non sans aller rendre une dernière visite aux chevaux.
Une fois les "toubabs à Doudou" rassemblés et prêts, nous nous dirigeons vers l'école du village voisin.Nous sommes accueillis par l'institutrice et une nuée d'enfants. Pendant que nous assistons à une démonstration de cours organisée à notre intention, nous dégustons les sorbets au bissap que l'on nous a généreusement offerts.Nous faisons un crochet vers le centre d'artisanat du village, où ceux qui le souhaitent peuvent acheter divers objets ou textiles, ce dont personne ne se prive. La matinée est bien entamée et il faut presser le pas. C'est donc au trot que nous achevons de traverser le village. Nous passons au galop dès les dernières maisons, en suivant un sentier dans un premier temps puis sur les tanns.Nous ne tardons pas à arriver à proximité d'une mangrove. Doudou nous prévient : si nous avons des objets craignant l'eau dans nos fontes, mieux vaut les enlever. Nous nous engageons avec précaution dans l'eau, en nous dirigeant vers un passage qui se laisse à peine deviner au milieu des palétuviers. Le niveau de l'eau monte petit à petit et bientôt, malgré nos efforts, nous n'avons plus d'autre choix que d'accepter d'avoir les pieds et les jambes mouillés. Rafraîchissant. L'air chaud et sec et les grands galops que nous ne manquons pas de prendre dès la sortie de l'eau nous sèchent rapidement.
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Le repas est pris une nouvelle fois à l'ombre d'un baobab, dans la savane, à proximité de quelques cases isolées.

Cet après-midi est vraiment très chaud. Dès que nous atteignons les tanns, Doudou nous emmène dans un grand galop. De l'air, ouf. Nous nous interrompons pour laisser passer un grand troupeau de zébus, mais ce n'est que pour mieux repartir ensuite. Nous finissons par repasser à un rythme plus sage pour laisser les chevaux souffler.Petit à petit nous nous approchons de l'océan, et le vent nous rafraîchit agréablement. Dès la petite dune qui borde les tanns passée, nous découvrons une plage qui se déroule à perte de vue. Un espace infini pour galoper, sans un toubab en train de rôtir dessus ! L'invitation est tentante, nous n'y résistons pas. Chevaux et cavaliers s'élancent. Nous alternons ainsi les temps de galop et les temps de pas, pendant lesquels nos petits barbes nous font énergiquement comprendre qu'ils ne demandent qu'à repartir !
Nous atteignons rapidement le but de cette étape : un campement appelé le Yokam. Ce campement est composé de quelques cases spacieuses, certaines de plain-pied et certaines sur pilotis. Chaque case est équipée de toilettes et de douches (alimentées par un bidon perché sur chaque case, l'eau est donc chaude en fin de journée). L'endroit est magnifique et très calme, et l'accueil excellent. Le seul bruit est celui de l'océan.Nous dessellons les chevaux et partons enfiler nos maillots de bain. Destination, la plage, avec les chevaux que nous montons à cru. Hommes et bêtes prennent un bain bien mérité dans une eau à la température accueillante.L'heure du dîner arrive finalement et c'est avec un grand appétit que nous passons à table. Heureusement, car le repas est particulièrement copieux : soupe de coquillages en entrée, énorme plat de mulets pour poursuivre, accompagné d'un non moins grand plat de poissons grillés variés : capitaine, carpe rouge, ... Succulent !
Retour au programme de notre randonnée dans le Delta du Sine Saloum !